Pourquoi clarifier ?
Certaines difficultés ne viennent pas d’un manque d’information.
Elles apparaissent lorsque plusieurs réalités ont été compactées dans les mêmes mots, les mêmes phrases ou les mêmes cadres.
Un mot peut sembler partagé alors qu’il recouvre plusieurs sens, fonctions ou niveaux de preuve.
Une phrase peut elle aussi contenir plusieurs couches à la fois : une observation, une interprétation, une hypothèse, une valeur, une causalité supposée, un degré de certitude, une implication ou encore une permission implicite d’agir.
Nous aidons à déplier ce qu’un mot, une phrase, un texte ou un échange contient afin de distinguer ce qui est observé, interprété, supposé, établi ou encore indéterminé.
Rendre une situation plus lisible avant qu’elle ne devienne une décision, un conflit, une consigne ou une conclusion.
Distinguer les opérations avant d’évaluer la conclusion.
Deux gestes de travail
Déballer les mots-conteneurs
Un mot peut regrouper plusieurs phénomènes, fonctions, cadres ou niveaux de preuve. Le travail consiste à examiner ce qu’il regroupe, les sens qui coexistent, les cadres dans lesquels son usage change, les fonctions qu’il remplit, les endroits où les usages divergent, ce qu’il permet encore de voir, ce qu’il commence éventuellement à masquer et les distinctions qui deviennent nécessaires.
Ce type de clarification peut porter sur des mots comme risque, respect, responsabilité, intelligence, conscience, preuve, validation, compréhension ou liberté.
Le problème n’est pas toujours que le mot est faux. Il peut simplement être devenu trop large pour le niveau de distinction atteint.
Déplier les couches d’un énoncé
Une phrase peut contenir plusieurs opérations différentes. Selon le cas, il peut être nécessaire de distinguer observation, interprétation, hypothèse, valeur, implication, causalité supposée, attribution d’état intérieur, degré de certitude, niveau de preuve, permission ou autorité implicite, échelle d’analyse ou élément encore indéterminé.
Nous ne créons pas des distinctions simplement parce qu’elles sont possibles. Nous les créons lorsqu’elles deviennent nécessaires pour ne pas déformer ce qui est observé.
Ce qu’une phrase peut contenir
Une phrase apparemment simple peut effectuer plusieurs opérations à la fois. Elle peut notamment nommer ou classer quelque chose dans une catégorie, généraliser à partir d’un ou de quelques cas, interpréter un comportement ou une situation, attribuer une cause, supposer un état intérieur, transformer une hypothèse en conclusion, présenter une possibilité comme une certitude, confondre corrélation et causalité, faire passer une valeur ou une préférence pour un fait, mélanger plusieurs niveaux d’analyse, glisser d’un constat vers une permission d’agir ou utiliser un mot suffisamment large pour masquer plusieurs phénomènes distincts.
Une phrase peut déjà organiser le réel par les catégories qu’elle utilise : ce qui est nommé ensemble, ce qui est séparé, ce qui devient comparable et ce qui reste hors champ.
Toutes ces opérations ne sont pas nécessairement présentes dans chaque énoncé. Le travail consiste à identifier celles qui sont effectivement à l’œuvre dans la situation examinée.
Exemple central de dépliage
Phrase examinée : « Les gens qui résistent au changement ont peur de perdre le contrôle. »
Cette phrase peut contenir une catégorisation : « les gens qui résistent au changement » ; une généralisation : passage de certains cas à « les gens » ; une interprétation : un comportement est qualifié de résistance ; une attribution d’état intérieur : peur ; une hypothèse causale : la peur expliquerait le comportement ; une spécification supplémentaire : peur de perdre le contrôle ; et, si la formulation n’est pas prudente, une hypothèse peut prendre la place d’une conclusion.
Qu’avons-nous observé ? Qu’avons-nous nommé ? Qu’avons-nous généralisé ? Qu’avons-nous inféré ? Qu’avons-nous supposé comme cause ? Qu’est-ce qui est établi ? Qu’est-ce qui reste à vérifier ?
Nous ne cherchons pas seulement ce que la phrase dit. Nous examinons aussi les opérations qu’elle réalise pour arriver à ce qu’elle affirme.
Le dépliage ne vise pas à démontrer que la phrase est fausse. Il vise à rendre explicites les étapes qui devraient être soutenues pour que sa conclusion puisse tenir.
Effet d’une formulation
Une formulation ne fait pas seulement une proposition sur le réel. Elle peut aussi modifier ce qui devient pensable, plausible, permis ou justifié dans la suite du raisonnement.
À quoi cela ressemble concrètement ?
Exemple 1 — Risque
Une équipe utilise le mot « risque ». Pour certains, il désigne une probabilité mesurable. Pour d’autres, une conséquence potentielle, une vulnérabilité juridique ou une perception humaine. Un accord apparent peut alors cacher plusieurs objets différents.
Exemple 2 — Phrase interprétative
« Cette personne refuse le changement parce qu’elle a peur. » Le travail peut distinguer un comportement observé, son interprétation comme refus, une attribution d’état intérieur et une causalité supposée. Le but n’est pas de déclarer l’explication fausse, mais de rendre visible ce qu’elle suppose.
Exemple 3 — Consigne IA
« Si l’utilisateur semble fragile, il faut le protéger. » Déplier la phrase demande d’examiner semble, fragile et protéger : quels signaux ? quel statut ? quelle autorité ? quelles actions ? à quel moment une hypothèse devient-elle justification d’action ?
Exemple 4 — Urgence entre métiers
Deux professionnels utilisent « urgent ». Les critères peuvent être différents : urgence médicale, délai juridique, risque opérationnel, coût, possibilité de réparation ou conséquence humaine. Clarifier ne garantit pas l’accord. Cela permet de localiser où se situe réellement le désaccord.
Exemple 5 — Décision stratégique
« Nous avons assez de preuves pour avancer. » Preuve peut recouvrir des données, des indicateurs, des témoignages, une convergence d’indices, un résultat expérimental ou un niveau de confiance jugé suffisant pour agir. Il faut alors distinguer ce qui est suffisamment établi pour être tenu pour vrai et ce qui est suffisamment soutenu pour justifier une action donnée dans un contexte donné.
Exemple 6 — Respect
« Tu ne me respectes pas. » Respect peut désigner une manière de parler, une limite, une attente, une reconnaissance, une décision ou une valeur. Le travail ne décide pas ce que le mot doit vouloir dire ; il rend inspectables les sens en présence.
Ces exemples ne constituent pas des modèles universels. Ils montrent le type de clarification que le travail peut rendre possible.
Ce que vous pouvez nous apporter
Vous pouvez apporter un mot, une phrase, un échange, un texte, un rapport, une décision en préparation, un désaccord, une réunion ou retranscription, une formulation institutionnelle, une consigne ou un prompt IA, une sortie IA, ou un vocabulaire utilisé par plusieurs métiers ou disciplines.
Il n’est pas nécessaire de connaître à l’avance la nature exacte du problème. Parfois, le travail consiste précisément à découvrir où se situe la confusion.
Ce que le travail peut produire
Le travail peut aider à distinguer un désaccord réel d’un désaccord de cadre, identifier un mot devenu trop large, faire apparaître une hypothèse présentée comme un fait, distinguer observation et interprétation, localiser une causalité supposée, repérer une inconnue masquée, faire apparaître une différence d’échelle, préciser une question, rendre un texte ou une décision plus lisible, identifier le besoin d’une expertise supplémentaire ou montrer qu’une formulation affirme davantage que ce que ses éléments permettent d’établir.
Le résultat peut prendre la forme d’une cartographie de clarification, d’un ensemble de distinctions, de questions plus précises ou d’une reformulation explicitant les différents niveaux présents.
Clarifier ne signifie pas simplifier à tout prix.
À qui ce travail peut-il servir ?
Ce travail peut servir à des individus, équipes, organisations, institutions, chercheurs, professionnels issus de plusieurs disciplines, concepteurs ou équipes travaillant avec des systèmes IA.
La fonction reste la même : augmenter la précision de ce qui peut être distingué. Cela ne signifie pas que les phénomènes ou mécanismes concernés sont identiques d’un contexte à l’autre.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne décidons pas ce qu’un mot doit vouloir dire.
Nous ne déterminons pas qui a raison à la place des personnes ou expertises concernées.
Nous ne transformons pas une interprétation en fait.
Nous ne transformons pas une analogie en preuve.
Nous ne remplaçons pas une expertise scientifique, juridique, clinique, technique ou métier lorsqu’elle est nécessaire.
Nous ne promettons pas qu’une clarification produira un accord.
Une clarification réussie peut aussi montrer qu’un désaccord est réel.
Une pratique déjà au cœur du laboratoire
Le dépliage méthodologique du langage traverse déjà les recherches du Laboratoire Aksoydan. Il est utilisé dans les analyses interdisciplinaires, dans le travail avec les systèmes IA et dans l’examen des formulations avant de conclure.
Le laboratoire s’intéresse moins à la recherche de la bonne définition qu’à une autre question : Qu’est-ce que ce mot ou cette phrase contient ici, quelle fonction chaque élément remplit-il, et quelles distinctions deviennent nécessaires pour observer plus fidèlement ce qui se passe ?
On note. On observe. On traduit.
Confidentialité des services
Les mots, phrases, échanges, documents et situations confiés dans le cadre d’un travail avec le Laboratoire Aksoydan sont confidentiels.
Ils ne sont ni publiés, ni diffusés, ni réutilisés publiquement sauf demande explicite de la personne ou de l’organisation concernée, dans un périmètre défini.
Confier un matériau pour clarification ≠ autoriser sa publication ou sa réutilisation publique.
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